Ramsès II dit le Grand : Histoire d'une Légende
Dernière mise à jour : 18/07/2009
Statue du Pharaon Ramsès II
Bienvenue à tous !
Alors comme ça, la vie de Ramsès II vous intéresse ? Ramsès II est un pharaon égyptien. Il s'agit donc d'un roi ayant vécu et régné durant l'Antiquité vers
1200 ans avant Jésus-Christ en Egypte. Je dois bien avouer que personnellement, c'est le pharaon qui me fascine le plus. Je vais donc essayer
dans la suite de cet article de vous narrer sa vie, son règne mais surtout sa légende avant d'en tirer un petit bilan et voir quel fut son héritage sur les
générations qui lui succédèrent. J'attire tout de même votre attention sur le fait que la vie d'un personnage même très connu ayant vécu il y a 3 millénaires
n'est pas une science exacte. Si vous avez donc des remarques sur les thèses développées dans les lignes qui suivront, je vous invite
à en débattre sur ce topic. Sur ce, je vous souhaite une excellente lecture
.
Plan de cet article :
- Petite introduction à propos d'une légende
- Contextualisation du règne de Ramsès II - Retour sur le troisième âge d'or de l'Égypte
- L'enfance d'un chef
- Le règne légendaire
- Annexes et définitions
- A lire ...
- Bibliographie
Petite introduction à propos d'une légende ...
Ramsès II est sans doute le pharaon qui a le plus marqué les esprits aussi bien durant l'Égypte Antique que de nos jours. Rendez-vous compte que pas moins de
9 pharaons reprirent par la suite son nom pour s'associer à sa grandeur ! Il y eu en tout et pour tout 11 Ramsès, ils constituent à eux seuls une partie de la
XIXème et la quasi-totalité de la XXème dynasties, soit deux cents ans d'Histoire ! Du jamais vu en Égypte et la seule dynastie héréditaire
qui fera mieux sera la famille des Ptolémées qui succédera à Alexandre le Grand à la tête de l'Égypte et qui elle ira jusqu'au chiffre 15, le dernier membre de
la famille sera d'ailleurs le fils de Jules César et la célèbre Cléopâtre (la septième du nom
).
Les raisons pour lesquelles Ramsès s'est profondément enraciné dans la grande Histoire de l'Égypte sont diverses et variées. Nous les développerons par la suite
mais comme je sens que vous êtes pressés d'en connaître quelques unes, en voici les grandes lignes (et puis après tout, on est dans l'introduction alors
introduisons).
Tout d'abord, Ramsès a eu un règne d'une extraordinaire longévité, l'un des plus longs de l'Égypte Antique : 67 ans de règne ! Pour comparaison,
c'est 5 ans de moins que Louis XIV dont vous connaissez la célébrité. Ramsès a vécu plus de 90 ans alors qu'à l'époque il
n'y avait pas vraiment l'hygiène de vie que nous connaissons et de fait, l'espérance de vie était beaucoup plus courte qu'aujourd'hui.
Notre pharaon fut aussi, toujours comme Louis XIV, un bâtisseur prolifique - ils furent d'aileurs tous deux surnommés le Grand, ce qui est assez révélateur quant à
leur similitude
. On retrouve donc nombre de bâtiments portant le cartouche
de Ramsès II en Égypte et de fait, cela n'a pu qu'attirer notre attention lorsque nous avons commencé à nous intéresser à l'Égypte Antique au XIXème
siècle.
La troisième raison que nous pouvons donner pour justifier sa célébrité est - toujours comme Louis XIV sans vouloir me répéter - le nombre de femmes et
d'enfants qu'on lui attribue : plus de 50 épouses et deux fois plus de bambins ! Un record. Nous verrons cependant comment nuancer ces chiffres
qu'on raconte dans les légendes égyptiennes car les égyptiens n'ont pas tout à fait la même conception que nous des liens de parenté.
Enfin, comme dernière grande raison et qui me semble être la plus pertinente sur la raison de sa célébrité auprès de ses contemporains, est la paix plus que
durable que le pharaon a bâti en une seule bataille, la fameuse bataille de Quadesh et qui fut sans aucun doute un des moments forts de son règne. Celle-ci ne
fut pas à proprement parlé gagnée mais le pharaon fit inscrire sur tous les temples du pays que jamais un Pharaon n'avait emporté une aussi brillante victoire et
s'arrangea pour signer une paix durable avec le peuple Hittite, celui que Ramsès affronta à Quadesh.
Voilà donc ce qu'on pouvait dire rapidement sur les raisons de la célébrité de Ramsès. Nous reviendrons sur chacune d'entre-elles en détail plus loin.
Contextualisation du règne de Ramsès II - Retour sur le troisième âge d'or de l'Égypte :
Avant de parler de Ramsès II, parlons un peu du monde de son époque. Lorsque Ramsès II prend le pouvoir, nous sommes en 1227 avant Jésus-Christ. Pour nous
situer dans l'histoire du monde, c'est à peu près au même moment (vers 1180 avant Jésus-Christ) qu'est censée avoir eu lieu la Guerre de Troie. Dans l'histoire
de la civilisation égyptienne, nous nous trouvons en plein Nouvel Empire, un des trois âges d'or - le dernier - de l'Égypte antique. C'est
également le plus connu car ses souverains (du moins une grande partie) furent enterrés dans la célèbre Vallée des Rois. Cette période de magnificence se traduit
par l'invasion et la prise de contrôle (l'annexion) de nombreux territoires jouxtant l'Empire égyptien. Car en effet, il s'agit bien d'un Empire qui s'étend à son
apogée (sous Touthmôsis Ier) du Sud de la Nubie à l'Euphrate, soit une très grande partie du monde oriental connu à l'époque, plus de 3.000 kilomètres
de côtes le long de la mer rouge et de la Méditerranée. De nos jours, on trouve à l'emplacement de cet Empire le Soudan, l'Egypte, la Palestine, Israël, la
Jordanie, la Syrie et la Turquie. Impressionnant non ?
Mais la grande période de cet âge d'or est celle de la XVIIIème et de la XIXème dynasties et de ses célèbres pharaons : Akhénaton,
Toutankhamon ou encore Hatchepsout. Depuis Toutankhamon et son présumé assassinat par un de ses conseillers - et grand-père - Aÿ, des militaires ont pris
le pouvoir. Cela ne change pas grand chose dans la gestion des affaires de l'Égypte en réalité, mais signalons-le tout de même car l'Égypte subit une période
d'instabilité politique depuis le règne d'Akhénaton. Horemheb, général en chef des armées et futur pharaon et Ramsès I, également militaire, remmèneront cette
stabilité.
A cette instabilité s'ajoute le fait que les conquêtes incessantes de nos pharaons et l'agrandissement constants du désormais Empire égyptien provoquent
généralement le soulèvement des peuples soumis. L'Égypte s'est d'ailleurs involontairement créée un ennemi il y a quelques décennies. Lorsqu'elle se révolte
contre l'occupation Hyksos, des nomades très violents et qui ont conquis tout le Nord de l'Empire égyptien au XVIème siècle
avant Jésus-Christ, un peuple voit le jour : les Hittites. Or, ce peuple ne s'entend pas du tout avec les Egyptiens notamment sur le partage de la région de
Canaan, l'actuelle côte méditerranéene du Proche-Orient.
L'heure n'est donc point aux réjouissances, il va pour cela falloir attendre quelques années que Ramsès prenne les rênes du pouvoir mais ne précipitons
pas notre histoire, nous n'avons pas encore vu naître notre pharaon
.
L'enfance d'un chef :
Le voilà donc qui vient de naître notre jeune Ramsès, nous sommes en 1305 avant Jésus-Christ, sous le règne d'Horemheb. Intéressons-nous tout d'abord à sa
famille. Son grand-père est le futur pharaon Ramsès I. C'est un militaire de formation, qui succède à Horemheb mais dont il n'est pas le fils. Son règne très
court (un ou deux ans) n'est que le prolongement de son action lorsqu'il était vizir (sorte de Premier Ministre) sous Horemheb. On notera cependant qu'il est le
fondateur de la XIXème dynastie, celle à laquelle appartient Ramsès II.
A sa mort, c'est son fils Séthi (qu'on peut également appeler Sethos) - le père de Ramsès II, qui prend le pouvoir. Séthi n'est pas un
militaire, mais ce n'est pas non plus un homme de paix. Il affrontera comme ses prédécesseurs et son successeur les Hittites. On peut d'ailleurs préciser que
la première bataille de Quadesh eu lieu sous son règne. Mais Séthi ne fit pas détruire la forteresse de Quadesh, laissant ainsi la possibilité aux Hittites de
la lui reprendre. Cette action ne doit pas être interprêtée comme un acte de faiblesse de la part du père de Ramsès, mais comme un acte de sagesse venant
du fait que Séthi pensait pouvoir mettre fin à la guerre opposant les deux nations en matant les révoltes des Canaans. Séthi est principalement connu pour sa
grande sagesse, d'ailleurs l'un de ses noms signifie "Né de Seth, aimé de Ptah". Dans la mythologie égyptienne, Seth est le dieu de la fureur, de la puissance,
de la force maléfique. Mais Ptah est le dieu des scribes, celui de la connaissance et de la sagesse. Séthi est donc le pharaon possédant une grande force mais
sachant la contrôler avec sagesse.
Quant à la mère de Ramsès II, il s'agit de Touya (vous trouverez aussi Touy ou Mouttouya, suivez ce lien pour avoir plus d'explications
sur ces noms qui changent
). Ramsès fera faire d'elle un grand nombre de statues qu'il placera
notamment dans les temples dédiés au culte du pharaon. Il lui confiera aussi les rênes du pouvoir lors de ses campagnes militaires et enfin, à sa mort, lui fera
construire une tombe dans la Vallée des Reines et l'enterrera avec les insignes de Grande Epouse Royale. Tout ceci montre l'attachement et de l'estime qu'il
avait pour elle.
Nos connaissances relatives aux frères et soeurs de Ramsès sont assez floues. Nous connaissons l'existance certaine d'une soeur aînée nommée Tia. Son époux
(également nommé Tia) fut le tuteur du jeune Ramsès. Ils exercèrent tous deux de hautes fonctions - plus prestigieuses qu'importantes pour la soeur de Ramsès -
sous le règne de ce dernier.
Nous avons également connaissance d'un frère, Nebchasetnebet mais Ramsès en fit effacer toute trace probablement suite à un exil de
son frère. Enfin, Ramsès aurait peut être eu une seconde soeur, Henoutmirê, mais nous n'avons d'elle aucune information.
Ramsès reçoit l'éducation d'un prince. Il fréquente probablement une école réservée aux fils des personnalités égyptiennes où on lui apprend à lire, écrire,
compter mais également à gérer un Etat, ou du moins à comprendre la bureaucratie. Il s'agit en quelque sorte de l'
ENA version égyptienne. Mais il va de soi que cela ne suffit pas à l'éducation d'un prince royal. Si
Ramsès devient un jour Pharaon, il sera alors chef des armées. Or, Pharaon n'est pas un général qui commande ses troupes depuis sa capitale, Pharaon participe au
combat et le paye parfois de sa vie, ce fut notamment le cas pour Sénakhtenrê Taâ Ier (inutile de retenir son nom
qui périt lors de la guerre contre les Hyksos. On enseigne donc à
Ramsès le maniement des armes, la course à pied, à conduire un char. Bref, tout ce qui peut servir sur un champ de bataille.
A la mort de Ramsès Ier, Séthi prend le pouvoir. Ramsès n'a alors qu'entre 5 et 10 ans. Vers l'âge de 16-17 ans, Séthi nomme son fils corégent du
royaume. Ramsès sera à partir de ce moment préssenti à la succession de son père et prendra pleinement part aux affaires de l'Etat. Son rôle de corégent est en
quelque sorte sa formation finale, l'aboutissement de ses années d'étude. Ce poste lui permet de seconder son père mais il ne s'agit absolument pas d'un vizir.
Le roi et le corégent décident de la politique à appliquer, le vizir l'applique. Mais le temps passe et Séthi se fait vieux. Lorsqu'il meurt, Ramsès est fin prêt
à monter sur le trône.
Le règne légendaire :
Cependant, avant de monter sur le trône, notre pharaon s'est marier. Son épouse porte le nom de Néfertari (à ne surtout pas confondre avec Nérfertiti, l'épouse
d'Akhénaton). Elle avait à peu près le même âge que Ramsès et était dit-on d'une très grande beauté. Nous verrons plus loin à quel point l'amour que lui vouait
son mari était grand. Son nom signifie "La plus belle de toutes" ou encore "Belle parmi les Belles", il me semble que ça veut tout dire quant à sa
beauté
. Néfertari est la Grande Epouse Royale de Ramsès II, c'est à dire son épouse
officielle. Car Ramsès a également des épouses secondaires, comme Iset-nofret qui deviendra sa Grande Epouse à la mort de Néfartari et qui lui donnera son fils
le plus connu, Khâemouaset - futur Grand Prêtre de Ptah (le dieu des scribes et de la connaissance), et qui fut également la mère de Meremptah, le successeur
de Ramsès II, mais ne précipitons pas l'Histoire. Notre jeune roi est aussi marié à des concubines, comme la fille du roi hittite Hattusili III dont je vous
épargne le nom très compliqué.
Parmi toutes ces épouses (très nombreuses au final), il y a une hiérarchie. En haut, la Grande Epouse. Viennent ensuite les épouses secondaires puis enfin les
concubines. Elles trouvent ainsi leur place dans les défilés officiels durant les fêtes religieuses ou autre.
Comme tout nouveau dirigeant de pays, Ramsès a besoin d'un coup d'éclat pour assurer sa légitimité. De nos jours, ça se traduirait en politique
par la baisse du chômage ou de la mortalité sur les routes (pour vous donner des exemples). Grâce à ce genre de chiffre, un chef d'Etat peut dire aux habitants
de son pays : "Voyez, vous avez bien fait de m'élire [si éléctions il y a, un chef d'Etat peut être un souverain] car j'obtiens de bons résultats".
Au temps de Ramsès II, c'est exactement la même chose mais le peuple et ses dirigeants n'ont pas les mêmes préoccupations. A cet époque, on se soucis plus des
guerres et des révoltes à vrai dire. Ramsès a déjà maté des révoltes, notamment en Nubie (au Sud de l'Egypte) mais il était alors corégent. En ce début de règne,
il aurait besoin d'une guerre mais attention, pas n'importe quelle guerre. Si c'est un gros conflit qui s'étale dans le temps, la population va en faire les frais
et donc reportera son mécontentement sur Ramsès. Mais si au contraire le conflit est mineure, personne ne le remarquera et on dira que Ramsès n'avait pas besoin
d'être un génie militaire pour défendre les intérêts de l'Egypte.
C'est alors que se manifeste Hattousili III, le roi des Hittites, pile au bon moment. Les voisins des Egyptiens n'apprécient pas la domination égyptienne sur une
partie du pays de Canaan, la côte méditerranéenne du Proche-Orient. Séthi avait en effet pris lors d'une précédente guerre le contrôle du fort de Quadesh que les
Hittites voudraient bien récupérer. Et s'ils choisissent ce moment précis pour lancer leur offensive, ça n'est pas par hasard. En effet, Hattusili III connaissait
la valeur de Séthi Ier au combat, il n'allait pas donc le défier une seconde fois après la défaite de la première bataille de Quadesh. Mais Hattusili
ne connait pas Ramsès et ce dernier ne passe pas pour quelqu'un de très posé et réfléchi. Hattusili le provoque donc en attaquant à nouveau Quadesh. En prendre
le contrôle ne s'avère pas trop compliqué pour Hattusili car à cette époque, un fort ne contient qu'une petite garnison juste chargée de surveiller la frontière,
pas de la défendre. L'objectif premier de la garnison plus ou moins importante selon la taille de fort, la région et les conflits récents, est d'avertir l'armée
royale grâce à un système de communication par signaux ou messagers entre les différentes places fortifiées contrôlées par l'Egypte.
Une fois Quadesh capturé, l'armée hittite se replie en laissant une petite garnison dans le fort et s'en va attendre à quelques lieux de là. Une fois arrivée sur
place, l'armée égyptienne reprend donc le contrôle de Quadesh sans grande difficulté, avant de se diriger vers l'armée d'Hattusili. Ce qu'il faut absolument
retenir de cette bataille, c'est qu'aucune de ces deux armées n'a pris l'avantage sur l'autre. On suppose que l'armée hittite aurait commencé à prendre le dessus
mais les égyptiens auraient reçu des renforts ce qui leur aurait permis de remporter une toute petite victoire. Effectivement, vu comme ça cette bataille n'a pas
grande importance ni un grand intérêt. En fait, ce qui fait que cette bataille est une des plus célèbres de l'Antiquité, c'est l'utilisation que Ramsès en
fait.
En Egypte, les temples ont une importance capitale, non seulement parce que la religion est elle-même très importante mais également parce que ces temples sont
un des seuls moyens de "communication" (je le mets entre guillements car ce n'est pas vraiment de la communication mais plus des chroniques). On y grave
notamment sur les façades des récits de guerre. Et comme les "communications" (toujours entre guillemets) sont très lentes, Ramsès a tout le temps nécessaire pour
écrire sa propre version de la bataille et la faire diffuser dans tous l'empire. Il fait donc graver sur nombre de ces temples le récit de sa bataille ... mais
dans une version quelque peu modifiée. En voici un résumé : "Les deux armées, toutes deux commandées par leur souverain, s'affrontaient lorsque les forces
hittites commencèrent à prendre le dessus sur l'armée égyptienne. Et très vite, l'armée de Pharaon fut en débandade. C'est alors que Ramsès II arriva au coeur
de la bataille, porté par son char lui-même tiré par deux magnifiques chevaux d'un blanc éclatant. La force de Râ arma le bras de Pharaon qui mit lui-même en
déroute l'ennemi. Ce fut une grande et belle victoire, plus grande qu'aucune auparavant". Bon, vous voyez très clairement ici que c'est une manipulation des
faits au profit de Ramsès II. Et c'est ici fait dans des proportions considérables puisqu'il fit ensuite diffuser cette version dans tout le royaume, jusqu'aux
provinces les plus reculées où seules les informations apportées par des messagers ou des voyageurs arrivaient. Retenez bien ceci : c'est la première grande
opération de propagande de l'Histoire.
Mais Ramsès ne va pas s'arrêter en si bon chemin. Il profite de la bataille pour signer un traité de paix avec le peuple hittite. Et ce traité va perdurer des
siècles et des siècles, ce qui est exatraordinaire aux vues des désormais anciennes relations entre les deux nations. Et pour sceller ce pacte, Ramsès et
Hattusili vont conclure un mariage entre la fille du roi hittite et le pharaon égyptien. Quoi de mieux qu'un lien de sang pour lier deux pays ? La fille de
Hattusili devient donc une des concubines de Ramsès II.
[La suite à venir ...]
Annexes et définitions :
- Cartouche :
-
Un cartouche est en quelque sorte le sceaux d'un roi égyptien. Il s'agit de son nom écrit en hiéroglyphe (la langue sacrée de l'Egypte) et placé dans un cadre
servant à nommer un pharaon. Chaque pharaon a plusieurs cartouches, ce qui signifie donc qu'il a plusieurs noms. Par exemple, deux des noms de sacre
de Ramsès sont : "C'est Rê qui l’a engendré, Bien aimé d’Amon" et "Protecteur de l'Égypte qui soumet les pays étrangers".
Voici en détail ce que donne l'analyse d'un des cartouches de Ramsès II que vous pouvez voir à gauche. Vous pouvez y voir 4 signes, un cercle, une peau de renard
et deux linges. Le premier, le cercle, est un idéogramme, c'est à dire un signe évoquant une idée. Ici, le signe est un cercle, comme le soleil. Le cercle
renvoie donc à ce qui touche au soleil : son dieu - Ra. Vient ensuite la peau de renard qui est un signe-son, c'est à dire qu'il favorise la prononciation du mot
mais il a également un sens : "engendrer". Il se prononce "ms". Puis viennent nos deux linges. Ce sont également des signes-son se prononçant
"s". Ce qui nous donne "Ra-ms-s-s", c'est à dire Ramsès. Et comme nous avons les termes "Ra" et "engendrer", nous
pouvons en déduire que Ramsès signifie "Ra l'a engendré" ou "Rê l'a engendré".
- Explication sur les varations d'orthographe des noms égyptiens :
- Vous aurez remarqué que les noms des pharaons égyptiens changent très souvent. On peut dire Djéser ou Djoser, Chéops ou Khéops, Séti, Séthi, Séthy, Séty ou
Séthos, etc. Cela vient du fait que en langue hiéroglyphique, il n'y a pas de voyelles. Il n'y a que des consonnes faibles ayant pour rôle d'unifier les autres
consonnes. De fait, on peut dire indifférement Djéser ou Djoser, Séthy ou Sethos.
A cela s'ajoute une autre complication. Comme je le précise dans la définition du terme "Cartouche", chaque pharaon possède plusieurs noms mais ceux-ci ont généralement le même sens. Par exemple, Ramsès possède comme noms : "C'est Rê qui l’a engendré, Bien aimé d’Amon" et "La justice de Rê est puissante, L’élu de Rê". Le sens est globalement le même, on retrouve la notion de Rê (dieu qu'on nomme également Ra). Ce qui fait qu'on ne nomme pas toujours un roi de la même manière. Ainsi, une célèbre reine égyptienne, celle qui a mené la révolte égyptienne contre l'occupation hyksos, peut être appellée indifféremment Ahotep/Ahhotep ou Iâhhetep. Là, ça saute aux yeux : les deux noms ne se ressemblent pas vraiment... - Age d'or :
- Un Age d'Or est une période de magnificence durant laquelle une civilisation réussit tout ce qu'elle entreprend aussi bien sur les plans politiques, militaires qu'économiques. Les trois âges d'or de l'Egypte Antique sont appelés "Empires". Le premier est l'Ancien Empire, ses pharaons furent les créateurs du territoire égyptien que nous connaissons. Les plus connus sont Narmer, Djéser et Khéops. C'est également, vous l'aurez compris, l'époque des Pyramides. Vient ensuite le Moyen Empire. C'est la période de faste la moins connue de l'Egypte. Ses territoires sont prospères mais divisés. Le grand roi de cette époque fut Sésostris III qui réunifia le pays. Enfin, nous trouvons en troisième position le Nouvel Empire. Sa dynastie phare fut la XVIIIème mais son plus grand pharaon - celui auquel est consacré cet article, Ramsès II - appartient à la XIXème dynastie. Mais on peut aussi citer Toutmôsis I, Hatchepsout, Akhénaton et bien sûr, le célèbre Toutankhamon. Ce dernier ne fut pas vraiment un grand roi mais il fut le seul dont on retrouva intacte la tombe. Ces pharaons furent quasiment tous enterrés dans la Vallée des Rois.
- Hyksos :
- Hittites :
- Nebchasetnebet
- Nous parlons de Nebchasetnebet dans la partie dédiée à l'enfance de Ramsès. J'ai cependant largement simplifié son histoire dans le paragraphe qui lui est
dédié. En effet, Nebchasetnebet que vous trouverez sous le nom de Chénar dans le roman Ramsès de Christian JACQ a une histoire est très floue car
contrairement à sa soeur, aucun document découvert à ce jour ne fait allusion à son existance. Les suppositions vont donc bon train et les égyptologues sont
partagés entre deux thèses. Je soutiens dans cet article celle développée dans le roman de JACQ. Cette première thèse soutient le fait que Nebchasetnebet fut
probablement envoyé en exil et rayé des documents administratifs égyptiens sur ordre de Ramsès. Il faut savoir qu'en Egypte, la négation de l'existance d'un
être en lui ôtant son nom, c'est à dire en le rayant des registres, constitue la peine la plus importante possible dans la loi égyptienne, plus forte même que
la peine capitale. C'est par exemple le sort (en plus de la peine capitale) qu'on réservait aux pilleurs de tombes. On peut donc supposer que le crime de
Nebchasetnebet fut particulièrement grave. Certains évoquent la thèse d'un complot monté contre son frère. En effet, Nebchasetnebet était le fils aîné et leur
père l'aurait initialement désigné comme corégent, ce qui correspond à un quasi choix quant au nom du successeur au trône, avant de se retracter et de nommer
Ramsès. Et il est bien connu que le pouvoir peut faire faire beaucoup de choses. La thèse du complot n'est donc pas improbable.
D'autres personnes pensent que Nebchasetnebet est mort très jeune (enfin l'âge de sa mort est sujet à discussions pour cette thèse et certains soutiennent qu'il serait mort après avoir été nommé corégent du royaume) et que c'est pour cette raison que nulle information à son sujet n'a été trouvée. Cependant, si le prince est effectivement mort jeune, on peut se demander où est sa tombe.
A lire ...
Nous voilà donc à la fin de cet article. Si vous souhaitez donc poursuivre la découverte de ce Pharaon, voici quelques documents à lire ou voir
- Ramsès par Christian JACQ, Robert-Laffont/Pocket, 1996 - Roman en 5 tomes,
Bibliographie :
- Au coeur de l'Egypte Ancienne par David P. SILVERMAN, Larousse-Bordas, 1997 - Document,
- Ramsès par Christian JACQ, Robert-Laffont/Pocket, 1996 - Roman en 5 tomes,
