Histoire de la Physique

A travers le temps, les hommes ont toujours voulu améliorer leur compréhension de l'univers. Se servant des observations et des mathématiques pour décrire précisément des phénomènes quotidiens, de nombreux physiciens se sont relayés pour faire grandir notre savoir. Cet article sur l'histoire de la physique a pour principal objectif de retracer les différentes découvertes effectuées par les physiciens depuis la préhistoire. Ainsi, à travers les époques, nous montrerons quelles ont été les évolutions majeures ayant permis de fonder notre actuelle connaissance de l'univers. Si vous souhaitez discuter de cet article, je vous encourage à vous rendre ici.
Plan de cet article :
- Les sciences physiques au commencement
- Une progression constante
- Les sciences physiques post-Newtoniennes
- Actuellement
I – Les sciences physiques au commencement :
Nous savons que la physique ne prend racine qu'à la préhistoire et dans l'antiquité.
Grâce aux archéologues, nous savons avec la certitude que les hommes préhistoriques étaient de bons observateurs. Des monuments, tel celui du mégalithique
Stonehenge nous en apportent des preuves. Les hommes de la préhistoire connaissaient cet ardent désir d'en savoir plus sur notre univers et ont tenté
de reproduire certains phénomènes. Ils ont ainsi fondé le premier élément d'une démarche scientifique : l'observation. Aussi, les premiers objets servant à
mesurer le temps ont vu leur apparition durant cette période de notre histoire. L'os d'Ishango, l'os de l'abri Blanchard, mais encore Stonehenge, et Carnac
étaient les premiers instruments pouvant mesurer le temps. C'est là le début de la physique : la description de certains mécanismes astronomiques.

La physique de l'antiquité, quant à elle, nous est connue de manière beaucoup plus précise. Le temps fut également une préoccupation importante. Le gnomon,
la clepsydre et le cadran solaire nous sont des héritages de l'antiquité.

De gauche à droite : Gnomon, Cadran solaire, Clepsydre
Mais au-delà de la mesure du temps, un savoir grec s'est constitué avec des physiciens tels Archimède, Thalès de Milet, ou encore Erasthostène. S'intéressant à
la matière et ses phénomènes, la plupart de ces philosophes ont ainsi fait progresser notre compréhension de l'univers. Le mot "atome" par exemple, nous
vient du grec "atomon" signifiant "indivisible". En effet, Démocrite (460-370 av. J.-C.) suppose que la matière est constituée de particules
séparées par du vide. Ces particules qui sont dites insécables, car elles sont considérées comme les plus petits éléments possibles. "Enfin les corps que nous
voyons durs et massifs, doivent leur cohérence à des corpuscules plus crochus, plus intimement liés ... Ce sont au contraire des corpuscules lisses et ronds qui
forment les corps de nature liquide et fluide", affirme-t-il.
Archimède (287-212 av. J.-C.) est désigné aujourd'hui comme le fondateur de la mécanique statique : il est à l'origine de nombreuses machines à traction,
certaines servant également à la guerre, comme la catapulte. Mais c'est surtout par ses travaux sur la mécanique des fluides qu'il est connu. Ayant crié
"Eurêka" d'après la légende, il découvre les propriétés des corps plongés dans un fluide, et énonce ainsi le "principe d'Archimède" : Tout corps
plongé dans un liquide (ou un gaz) reçoit une poussée, qui s'exerce de bas en haut, et qui est égale au poids du volume de liquide déplacé.. Cette poussée
sera nommée la "poussée d'Archimède". Nous ne citerons pas ici tous les physiciens de l'Antiquité, mais il convient quand même de s'intéresser à
Eratosthène. Ce dernier calcula la circonférence de la Terre à partir de menhirs et en usant des mathématiques simples. En effet, en supposant les rayons du
Soleil parallèles, il parvient à Alexandrie à mesurer à midi l'angle des rayons solaires avec la verticale (menhir) et trouve 7°. Au même moment à Syène, ville
située presque sur le même méridien, les rayons du Soleil ne forment aucun angle dans un puits. En utilisant une relation de proportionnalité, il en déduit la
circonférence de la Terre de 40.349 km, soit une erreur de 10% par rapport à la valeur mesurée de nos jours avec précision. Ainsi la physique progresse et le
savoir s'accumule à travers l'observation, la formulation d'hypothèses, et l'élaboration de théories à l'aide d'outils mathématiques.
II - Une progression constante :
Le Moyen-Âge s'installe, et les guerres se multiplient. Invasions, conquêtes, guerres ... et le savoir grec accumulé de l'Antiquité se perd à quelques exceptions
près, tel les découvertes du philosophe Boèce, qui conservent à travers le Quadrivium quelques héritages scientifiques de l'Antiquité. Alors que l'Occident est
plongé dans une période d'oubli, la civilisation arabo-musulmane poursuit le travail engagé par les grecs, notamment en conservant les écrits de découvertes, et
en reprenant ces travaux pour les approfondir et ainsi fonder une civilisation de savoir : c'est l'âge d'or du progrès arabo-musulman. L'invention du zéro par
les arabes provoque un bouleversement des sciences mathématiques et va permettre des progrès dans ce domaine, comme nous l'illustre l'algèbre, grâce à des
scientifiques comme Averroès (1126 - 1198 ap. J.-C.). L'astronomie est également approfondie par l'invention du premier télescope à eau par le physicien
astronome Alhazen (965 - 1039 ap. J.-C.). Ce dernier parvient à expliquer des phénomènes d'optique comme par exemple la Lune qui apparaît plus grosse dans
le ciel à certains moments, ou encore à répondre à des questions telles que pourquoi la Lune brille-t-elle ? Il est également le premier à parler de phénomène
de réfraction, idée qui sera reprise par les physiciens des siècles suivants. En mécanique, Alhazen énonce le principe de l'inertie, qui sera plus tard repris
par Galilée, et parle également de l'attraction des masses, idée qui sera principalement reprise par Isaac Newton des siècles plus tard.

La Renaissance a vu de nombreux scientifiques révolutionner le monde des sciences physiques. Vient Galilée (1564 - 1642 ap. J.-C.), l'astronome physicien devenu
célèbre parmi les célèbres pour de nombreuses inventions telles que la lunette astronomique. Ses travaux en dynamique lui apprennent à comprendre le mouvement
des planètes. Il énonce ainsi le principe de l'inertie qui stipule que si un objet n'est soumis à aucune force ou à des forces dont la résultante est nulle,
alors le corps en question est soit au repos, soit en mouvement rectiligne uniforme. Ce principe constituera quelques années plus tard la première loi de Newton.
René Descartes (1596 - 1650 ap. J.-C.), quant à lui travaille davantage sur l'optique et exprime mathématiquement la loi de la réfraction de la lumière, et celle
de la réflexion.
Mais le progrès majeur du XVIIème siècle fût sûrement les travaux du scientifique Isaac Newton (1643 - 1723 ap. J.-C.). Il travaille dans de nombreux
domaines : l'optique, la mécanique et les mathématiques. Il révolutionne notre compréhension de l'Univers. Newton poursuit les travaux de Descartes (et de Snell)
sur la réfraction de la lumière : il montre qu'un prisme décompose la lumière en plusieurs couleurs et que ce sont ces couleurs qui forment la lumière blanche.
Il étudie également la diffraction et sera l'inventeur du télescope de Newton qui permettra une meilleure vue et visibilité que la lunette astronomique de
Galilée. En mécanique, Isaac Newton explique le mouvement des corps de façon mathématique se servant des vecteurs pour modéliser les forces. Ainsi il établit
trois lois que l'on appellera par la suite les "lois de Newton" et parvient à expliquer le fonctionnement de la gravité en énonçant la loi de la
gravitation universelle, qu'il publiera dans son ouvrage "Les principes de la philosophie naturelle" grâce à son ami l'astronome Halley (1656 - 1742 ap.
J.-C.). Enfin Leibniz (1646 – 1716 ap. J.-C.) fût un physicien important du moment : ses découvertes théoriques sur la conservation de l'énergie et la
modélisation théorique des dimensions spatiales et temporelles auront été d'une grande utilité pour les scientifiques qui vont suivre.
III - Les sciences physiques post-Newtoniennes :
Grâce aux précédents physiciens, on comprend mieux l'énergie et la dynamique. La thermodynamique va alors venir la branche unifiant cinématique et dynamique.
Comme son nom l'indique, qui vient du grec ancien "thermos" : la chaleur, et "dunamis" : la puissance (d'où le nom dynamique), cette branche des
sciences physiques met en relation le mouvement et l'énergie (la chaleur n'est qu'un moyen de transport de l'énergie). Avec cette nouvelle branche de la
physique, l'industrie va faire des progrès (à l'âge industriel justement) et les machines à vapeur vont se développer.
Apparaît également une autre branche : l'électromagnétisme, avec Maxwell (1831 – 1879 ap. J.-C.). Cette nouvelle branche unifie l'électricité au magnétisme, et
ceci avec des expériences simples (ainsi que avec les mathématiques en théorie ) : un courant électrique circulant dans un fil engendre un champ magnétique.
C'est le déplacement d'électrons libres qui créé un champ magnétique, en même temps qu'un courant électrique.
Mais la découverte la plus importante du siècle sera sans doute celle de la mesure de la vitesse de la lumière à l'aide de l'interféromètre par deux prix Nobel :
Edward Morley (1838 - 1923 ap. J.-C.) et Albert Abraham Michelson (1852 - 1931 ap. J.-C.). Ils constatent que la vitesse de la lumière est la même dans tous les
référentiels dans un même milieu, découverte qui crée un bouleversement dans la dynamique. En effet un observateur se déplaçant à une vitesse élevée, et un
observateur étant immobile, dans un certain référentiel, verront un photon passer à la même vitesse, ce qui est contraire à la dynamique de la physique : un
observateur se déplaçant dans le même sens du photon à une vitesse élevée, devrait le voir progresser moins vite qu'un observateur au repos (dans un certain
référentiel). Ceci ne peut-être expliqué qu'avec le principe de contraction des longueurs, dont Fitzgerald (1851 - 1901 ap. J.-C.) et Lorentz (1853 - 1928 ap.
J.-C.) sont à l'origine. La mécanique classique est donc contredite.
Il faudra attendre Einstein (1879 - 1955 ap. J.-C.) pour concilier cette découverte surprenante avec la mécanique. En 1905, il publie sa théorie de la
relativité restreinte qui prouve que si la vitesse de la lumière ne change pas, un mouvement s'ensuit d'une déformation de l'espace et du temps. Ainsi
il montre que l'espace et le temps ne sont pas des constantes, mais se dilatent et se contractent, d'où l'expérience imaginée des jumeaux de Langevin (1872 -
1946 ap. J.-C.) dont la vieillesse serait différente selon qu'ils aient fait un voyage à vitesse élevée ou non (par rapport à un certain référentiel). La
relativité générale élaborée entre 1907 et 1915 par Einstein permettra de concilier la relativité restreinte avec une théorie de la gravitation. En effet
Albert montre que la gravitation n'est selon lui qu'une déformation de l'espace-temps. Comme une bille que l'on poserait sur une feuille de caoutchouc, la
déformation de cette dernière engendrerait une attraction car un corps suit les lignes gravitationnelles que l'on appelle les géodésiques.

La relativité générale réduira le champ d'application de la mécanique Newtonienne, cette dernière ne fonctionnant plus pour les corps se déplaçant à vitesse
très importante. Elle conduira également à de nouveaux concepts tels que le trou noir. Aussi le physicien Hubble (1889 - 1953 ap. J.-C.) montrera que les
galaxies s'éloignent les unes des autres (contrairement à ce que la mécanique Newtonienne pourrait nous amener à croire) d'où l'idée de l'expansion de l'Univers,
suite à un événement qui sera nommé "Big Bang".
Dans le domaine de la mécanique quantique, Ernest Rutherford (1871 - 1937 ap. J.-C.) conduira à d'extraordinaires découvertes en physique nucléaire. Il découvre
les rayons ionisants comme la radioactivité, les rayons alpha, et bêta. Son expérience avec l'atome d'or mettra en avant l'existence d'un noyau réunissant les
charges positives de l'atome et responsable de sa masse.
IV - Actuellement :
La physique a donc des bases solides afin de permettre de nouvelles découvertes et de nouvelles inventions. Reste toujours à résoudre l'incompatibilité entre la
mécanique quantique et la relativité générale, qui sont radicalement différentes. Toutes les découvertes de ces deux cent dernières années semblent conduire à un
même point, semblent converger, d'où l'idée d'une théorie du tout et d'une équation maîtresse qui est actuellement l'objet d'intenses recherches par les
physiciens. Les ordinateurs et les machines permettent à la physique d'avancer plus rapidement avec plus de précision. Récemment l'inauguration du LHC
("Large Hardron Collider" ou "Grand Collisionneur de Hadrons") du CERN ("Conseil européen pour la recherche nucléaire", officiellement :
"Organisation européenne pour la recherche nucléaire") permettra de découvrir les secrets de la matière et peut-être même de reconstituer l'Univers à ses
débuts, bref il nous promet bien des surprises.
Grâce aux mathématiques, à l'informatique et la technologie, les sciences physiques continuent de progresser, et l'histoire de cette magnifique science continue
de s'écrire ...
